EXPOSITION & LIVRES
SANS-Âme
Anton ovnikor &
Christelle Kahla
29.08 – 08.09.2024
Vernissage jeudi 29 août dès 18h
Écrivain confidentiel, Anton Ovnikor ne se confie pas volontiers, ne se rencontre pas, ne souhaite pas exister. De force, la Villa Moyard dévoile ce personnage de l’ombre prolifique, concupiscent et méthodique, dont l’écriture savante et hyperbolique s’enlace autour d’une poésie juteuse, tel un plongeon dans l’intensité profonde de nos pulsions. Par la magie de ses images, l’artiste Christelle Kahla saisit et transfigure cette littérature en un diptyque ardent. Elle utilise la lumière pour écrire ses négatifs, exploitant la profondeur de champ photographique pour révéler cette zone liminale — inframince — qui nous fait basculer dans cette source qui brûle sous l’écrit.
Né à Venise en 1981 de père géorgien et de mère monégasque, Anton Ovnikor grandit en France, où il étudie notamment au Collège de France, qui fut selon lui un «révélateur». Concédant être oisif et désabusé, il passe la plupart de ses étés en Europe, où il écrit pour séduire, «une personne à la fois».
Première partie du diptyque «Sans-Âme»; « Roman » est une tranche de vie romancée d’un jeune morgien rencontré aux Etats-Unis, révélant l’inaptitude absolue des phénomènes sensibles à l’appréhension rationnelle, engendrant incompréhension, crainte, respect, révérence, contemplation.
Seconde partie de «Sans-Âme»; « Histoire de quelqu’un », qu’il qualifie de « simagrée profonde », « est la seule musique que la corde de mon âme est capable de produire ». On y traverse le récit d’un érudit français qui va rejoindre un vieux lettré chinois miné par la construction du barrage des Trois-Gorges, des méditations sur l’écriture transmises par le vieux chinois au chercheur français, des capsules sur des endroits d’Europe, sur la douceur de la nature, sur le sauvage qui nous entoure, des petites pensées rebelles, des capsules alpestres, des souvenirs imaginés de la région morgienne, une réflexion sur la rugosité d’une expression littéraire locale, un poème sur le ressenti de l’absence définitive dans la mort, un conte d’un arbre monstrueux sauvant un enfant, un récit de confrontation à un lointain oiseau, un récit de solitude dans le désert, des poèmes érotiques, parfois pornographiques, d’autres poèmes, souvent tirés de la nature, parfois du goût laissé par un enlacement, d’autres encore sur la vague douceur de la nature, sur la perception vague de certains instants suaves, ou encore sur l’amour et son obsession, sur le désir.
Née à Morges en 1994, Christelle Kahla obtient un Bachelor en arts visuels à l’École cantonale d’art de Lausanne et poursuit ensuite ses études à l’Institut Kunst, Gender & Natur à Bâle, où elle obtient un Master en arts visuels en 2019. Depuis, son travail est régulièrement présenté dans des expositions personnelles et collectives en Suisse et à l’étranger, notamment à la Villa Moyard, où elle fait la rencontre d’Anton Ovnikor en 2023. De cette rencontre naîtra une aventure artistique et poétique où se mêlèrent les mots, le souffle, la vue, jusqu’à une vision – celle de l’Autre?.
Oscillant constamment entre fiction et autofiction, douceur et violence, révélation et dissimulation, contrôle et accident, le travail de Christelle Kahla explore des questions liées à la féminité, au désir et aux fantasmes. Ses œuvres évoquent souvent le corps sans le révéler explicitement, transformant la toile ou le lieu d’exposition en un espace charnel, où l’artiste vient y figer à l’aide du spray des motifs ou des objets symboliques, ordinairement utilisés pour orner ou contraindre des corps. La technique qu’elle utilise n’est pas sans rappeler celle du photogramme, où de la lumière est projetée et fixée sur une surface photosensible pour créer des impressions d’objets. Dans le cadre de la parution des textes d’Anton Ovnikor et de cette exposition, Christelle Kahla s’inspire de ce procédé et utilise la lumière pour écrire ses négatifs à l’aide d’un scanner, exploitant la profondeur de champ photographique pour révéler cette zone liminale — inframince — qui nous fait basculer dans cette source qui brûle sous les écrits d’Anton Ovnikor.
Vernissage
jeudi 29.08 I 18h – 23h
Horaires
Vendredi 30.08 I 14h – 22h
Samedi 31.08 I 11h – 22h
Dimanche 01.09 I 11h – 19h
–
Jeudi 05.09 I 18h – 20h
Vendredi 06.09 I 18h – 20h
Samedi 07.09 I 16h – 20h
Finissage
Dimanche 08.09 I 16h -20h